Vieux gardien de phare
Roc usé par les marées,
Tu veilles l’âme des naufragés
Des requins et des poètes barbares.
L’albatros est né au matin,
Sur une pierre blanche étonnée
De l’écume d’un de tes rochers,
Nid de lichens et de satin,
Et l’oiseau s’est envolé,
Et les marins sont devenus bergers.
Toi l’analphabète,
Toi dont l’âme est aussi blanche que celle du poète,
Toi le taureau roc aux cheveux de feu,
Toi l’agneau de dieu à la langue d’oc,
Toi, plus blanc que l’albâtre,
Toi, donnant ton sang de dragon écarlate
Tu as ressuscité la sève dans le rocher:
Le phare est à nouveau éclairé,
L’albatros y tournoie constamment,
Et a fait son nid sur une rose des vents.
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