L’hiver de l’Arche

décembre 26th, 1994 · No Comments


 

            Puis vint l’hiver. Des aurores bleues se lèvent, la banquise gerce les lèvres du bateau. Le froid rampe avec ses cisailles de blizzard, des stries de gel engourdissent la vie blessée.

            Neptune est là, sortant du bleu, de l’ivresse des profondeurs, il émerge tel un songe, son trident l’annonce. L’air et les icebergs bleus planent étrangement dans l’atmosphère de l’Arche où des pavés de glace s’infiltrent jusqu’au cœur des vivants. Vivant est un bien grand mot pour une mort qui résiste à la mort. Dans les veines poussent une encre épaisse, les artères du cœur des villes se bouchent périodiquement.

            Le trident de Neptune frappe, mordant d’un coup de froid les Dionysos qui se sont perdus en Bacchus, les ivres de vie ivres morts. Des anges olympiques s’élèvent autour des Titanic qui s’engloutissent vers l’ancienne Atlantide… Noël en perd une aile et redevient Noé, attendant sur sa méduse un nouveau signe d’El dans les nuées. Mais aucun signe ne vient, car à qui les attend, les cygnes sont migratoires…

 

 

Tags: impressions de la terre · poèmes d'échos néo abrahamiques · poèmes teintés d'hermétisme · Nature

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